Constat d’échec de la politique de désarmement dans le monde
WG on Peace and Disarmament
How to engage with disarmament issues
Godefroid Bwiti Lumisa, Syfia International
Posted Tues 21:59 GMT
"Il s’agit, au stade actuel, d’un grand échec", a déclaré lundi après-midi, Patricia Lewis (Institut des Nations Unies pour les études en matière de désarmement) lors des discusions engagées sur la problématique "Paix et désarmement", un des thèmes majeurs du Forum.
Le Sous-Secrétaire Général pour le désarmement des Nations Unies, l’Ambassadeur Jayantha Dhanapala, a également évoqué, mardi après-midi avec les représentants des ONG, la situation dramatique que connaît le monde, à la suite de l’augmentation exponentielle des dépenses militaires. "Deux traités sur le désarmement, le traité sur les missiles anti-balistiques (ABM) ainsi que le Start II, ont été abrogés", a-t-il fait
remarquer.
"Dans cette situation, le rôle de la société civile dans la lutte pour le désarmement reste capitale", a souligné le Sous-Secrétaire Général. Pour ce dernier, le désarmement doit être présenté comme une "action humanitaire, liée à la protection des Droits de l’homme et de l’environnement".
"Et à ce titre, les ONG sont spécialement concernées par toutes les questions liées au désarmement", a-t-il rappelé.
Lundi, Patricia Lewis faisait état de l’existence de nombreux traités portant sur la production et la circulation de toute sorte d’armes, de bombes et de mines dans le monde. Evoquant notamment les traités internationaux bannissant et contrôlant l’utilisation des armes nucléaires, elle a déclaré que les organisations qui s’en occupaient avaient de grands problèmes pour leur application.
"Les discussions et négociations existent et se poursuivent en la matière, mais les gens ne semblent pas avoir conscience du danger qui existe", a-t-elle fait
remarquer.
Citant une étude des Nations Unies sur la production et la circulation d’armes dans le monde, Patricia Lewis a indiqué: "Plus on connaît leurs sources de production, plus on a la chance de contrôler leur circulation".
"On essaie de contribuer à une forme de dialogue, et il existe de nombreuses initiatives tant locales, régionales qu’internationales en matière de désarmement à travers lesquelles la Société civile devrait jouer un rôle", a-t-elle ajouté.
Mereso Agina, une représentante de "Kenya Campaign Against Landmines" (campagne kenyane contre les mines terrestres), a fait le bilan de millions de morts et de réfugiés en Afrique, à la suite de la résurgence de nombreux conflits armés sur ce continent.
"Des armes de toute sorte stockées pendant la période de la guerre froide ou fabriquées plus récemment alimentent des conflits en Afrique, au détriment de la santé et de l’éducation des populations", a-t-elle dit.
"La responsabilité des gouvernements pour mettre fin aux activités des marchands d’armes est grande", a ajouté Mereso Agina, invitant de ce fait les Etats africains ainsi que la communauté internationale à fournir des efforts afin de promouvoir la paix et le sécurité en
Afrique.
La représentante de "Kenya Campaign Against Landmines" a par ailleurs évoqué le protocole adopté par l’Assemblée Générale de l’ONU sur les armes légères, qui n’a été ratifié que par 40 Etats. Elle a plaidé en faveur d’un moratoire sur la production des armes, lequel devrait bannir les mines antipersonnel.
Elle a sollicité pour cela une implication des Nations Unies et de la société civile mondiale. "Le traité de 1997 ne signifie pas que les mines vont disparaître. C’est un début, pas la fin", a-t-elle souligné, appelant la société civile mondiale à prévenir les conflits, au lieu de chercher à les arrêter quand ils se produisent. "La question de l’argent dépensé dans le monde pour acheter des armes, lourdes ou légères, en vue de mener la guerre en Afrique devrait être à l’ordre du jour dans la lutte menée par les ONG"
a-t-elle conclu.
Pablo Celi, directeur de la Fondation équatorienne pour les Relations internationales, a relevé les graves conséquences des dépenses militaires sur la vie sociale et économique en Amérique latine. Epinglant l’inégalité de ces dépenses sur le plan international, M. Celi observe que "si, entre les années 1980-1990, on a relevé une chute des dépenses militaires en Amérique du Nord et en Europe, on a assisté, par contre, à un accroissement des dépenses en Amérique du sud, en Afrique et en Asie". Il a ainsi indiqué que le monde vivait actuellement dans une situation de "mondialisation militaire".
"Cette militarisation a entraîné une économie de guerre qui a affaibli l’intégration régionale, détruit l’agriculture ainsi que les infrastructures, poussant les populations à se déplacer, à quitter leurs régions et à vivre de l’économie informelle", a-t-il déclaré en guise de conclusion.
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