Video Message from Mr. Juan Somavia, Director-General Of The International
Labour Organization
Geneva, 17 July 2002—World Civil Society Forum
Unofficial transcription based on video record
– for your information only. See also:
Audio
Chers amis,
Vous connaissez mon attachement ancien et fort à une
société civile à la fois catalyseur de mobilisation et
vecteur de changement dans laquelle j’ai moi-même milité
pendant tant d’années. Alors que j’assume d’autres
responsabilités aujourd’hui, mon cœur est encore là.
C’est avec joie que je m’adresse à vous ce soir. Nous
partageons en effet tant de passions et tant d’idéaux. Je souhaite
au Forum Mondial de la Société Civile le plus grand
succès.
Vous êtes la preuve vivante de cette nécessité
d’élaborer des propositions différentes,
d’échanger des expériences, d’apprendre, se nourrir
des idées novatrices, d’être des contestateurs,
créateurs des nouvelles possibilités pour nos
sociétés. Le mécontentement social croissant à
l’égard du cours suivi par la mondialisation a
généré une forte capacité de rassemblement et de
mobilisation au sein de la société civile. Mais il faut le dire
clair: la mondialisation comme nous le comprenons aujourd’hui n’est
pas inévitable. On peut et on doit changer son cours! Il y a une autre
forme de mondialisation, une mondialisation équitable à laquelle
nous aspirons tous. Elle est fondée sur le principe de la
solidarité humaine dans un cadre de diversité ni que culturelle,
de liberté, d’égalité et de justice sociale.
L’OIT a tôt apporté sa pierre à cette
édifice. Nous avons ainsi constitué il y a quelques mois une
commission pluraliste sur la dimension sociale de la mondialisation
composée de personnalités indépendantes provenant de
divers secteurs de la société civile.
Construire dans la différence des parcelles de convergence autour de
quelques valeurs communes à notre humanité conjointe.
Voilà notre objectif.
Chers amis, nous croyons tous qu’un autre monde est possible. Nous
sentons tous son contours, nous devinons tous la forme qu’il pourra
prendre. La vraie question est de savoir comment faire avancer tous ensemble ce
projet d’une société plus humaine, plus juste, plus
équitable et plus participative. Pour nous, l’OIT,
l’accès à un travail digne est indispensable.
L’emploi, la protection sociale, les droits des travailleurs, le dialogue
social dans la lutte pour la justice sociale font partie de notre mandat. Mais
nous croyons aussi que c’est le clef de voûte d’une autre
mondialisation. La société civile va continuer à occuper
la place centrale dans cette lutte pour un monde plus digne par votre
mobilisation et votre participation, par la construction d’un nouvel
agenda mondial, source de citoyenneté planétaire,
également par votre capacité reconnue à transformer votre
conviction en action concrète. Car finalement, ne l’oublions pas,
c’est en définitif à notre capacité collective
à apporter des réponses concrètes aux problèmes de
famine que nous serons tous jugés.
Notre rôle est fondamental. Tant il est essentiel que le preneur de
décision puisse en permanence entendre les voix diverses de la
société et répondre aux besoins qui sont autant
exprimés. Votre travail, ou votre révolte même, et votre
capacité d’indignation face à l’injustice, tout comme
la compassion, l’espoir, que vous anime, sont autant de forces qui
contribuent à forger un monde meilleur. Les agences du système
des NU ont un besoin vital de votre engagement, de votre mobilité et de
vos idéaux. C’est bien ensemble et seulement ensemble que nous
arriverons à trouver la réponse qu’il nous faut
actuellement. Ce n’est pas ni l’espoir, ni la détermination
qui nous manque. Un autre monde est possible! Mais ce sera notre
capacité d’action commune qu’il faut faire renaître.
Je succède à vos travaux, mon cœur est avec vous.
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